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UN REGARD SUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE

Le regard · 10 septembre 2026

Écouter, accompagner et redonner espérance

Face à la détresse psychologique et au risque suicidaire, la prévention commence par une présence : savoir regarder au-delà des apparences, écouter sans juger et orienter vers une aide adaptée. Ce jeudi 10 septembre 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, la Conférence des Supérieur.e.s Majeur.e.s de Côte d’Ivoire (CSM-CI) appelle à renforcer la vigilance, la proximité et la solidarité afin de faire de nos familles, communautés, lieux de travail, établissements scolaires et Églises des espaces où chacun peut être entendu, accompagné et encouragé à choisir la vie.

Voir ce qui ne se voit pas

Le suicide demeure une réalité douloureuse qui interpelle toute la société. Derrière chaque personne en détresse se trouvent une histoire, des blessures et parfois une souffrance profonde que les apparences ne permettent pas toujours de percevoir. Une personne peut continuer à travailler, à sourire, à participer aux activités de sa communauté ou à remplir ses responsabilités quotidiennes tout en traversant intérieurement une période particulièrement difficile.

Deuil, rupture, échec, difficultés financières, violences, conflits familiaux, pression professionnelle, solitude ou sentiment de désespoir peuvent fragiliser profondément une personne. Certains signes doivent ainsi appeler notre attention : un isolement inhabituel, un changement important de comportement, un retrait soudain des relations sociales ou encore des paroles exprimant le désespoir, l’inutilité ou le sentiment d’être un poids pour les autres.

Regarder au-delà des apparences, c’est déjà faire œuvre de prévention.

Écouter sans juger

La prévention commence souvent par un geste simple :

écouter.

Lorsqu’une personne exprime sa souffrance, il est important de ne pas la minimiser. Des phrases comme « Ce n’est rien », « Sois fort(e) » ou « D’autres vivent pire que toi » peuvent donner à la personne le sentiment que sa souffrance n’est pas légitime ou qu’elle doit la porter seule. Or, elle a d’abord besoin d’être accueillie et entendue. Parfois, quelques mots suffisent pour ouvrir un espace de confiance :

« Je suis là. Parle-moi. »

Écouter ne signifie pas avoir toutes les réponses ni savoir immédiatement comment résoudre le problème. C’est permettre à l’autre de ne plus rester seul face à ce qu’il traverse. Mais la prévention est aussi un appel adressé à la personne en souffrance :

oser aller vers les autres, parler de ce que l’on vit et demander de l’aide.

Personne ne peut toujours mesurer de l’extérieur la profondeur de la souffrance que vit une autre personne.

Oser demander de l’aide

Lorsqu’une personne exprime des pensées suicidaires ou semble en situation de danger immédiat, il ne faut pas rester seul face à la situation. L’accompagnement d’un proche est précieux, mais il ne remplace pas l’intervention de professionnels compétents. Il est donc essentiel d’encourager la personne à consulter un professionnel de santé ou un spécialiste qualifié. En cas de danger immédiat, une assistance médicale ou les services d’urgence disponibles doivent être contactés sans attendre.

Une personne en danger ne doit pas être abandonnée à elle-même.

La prévention du suicide est une responsabilité collective. Familles, amis, collègues, éducateurs, responsables communautaires, personnes consacrées, professionnels de santé et acteurs de la communication ont chacun un rôle à jouer pour repérer les situations de vulnérabilité, favoriser la parole et faciliter l’accès à l’aide.

Une Église appelée à la proximité

Dans cette démarche de protection de la vie, l’Église catholique est appelée à être particulièrement proche de ceux qui souffrent. Être proche d’une personne vulnérable ne consiste pas seulement à lui parler de Dieu. C’est aussi devenir pour elle une présence attentive, une écoute bienveillante, une main tendue et un accompagnement concret. La prière peut soutenir, fortifier et ouvrir un chemin d’espérance. Mais lorsqu’une personne traverse une détresse profonde, la prière ne doit pas être opposée aux soins.

La foi n’exclut pas l’accompagnement psychologique ou médical.

Au contraire, rechercher l’aide nécessaire pour protéger une vie constitue aussi une expression de la fraternité et de la responsabilité chrétienne. L’accompagnement spirituel peut ainsi s’inscrire dans une démarche plus large, en lien avec les professionnels compétents, afin que la personne puisse recevoir l’aide dont elle a besoin.

Protéger la vie : une responsabilité commune

Prévenir le suicide, c’est aussi construire des communautés dans lesquelles chacun peut parler de ses difficultés sans honte, sans peur d’être rejeté et sans crainte d’être jugé. Cela suppose de développer une véritable culture de la proximité et de l’attention aux autres. Concrètement, il nous revient de :

Ces gestes peuvent paraître simples. Pourtant, une présence au bon moment, une écoute sincère ou une orientation vers une aide appropriée peuvent contribuer à protéger une vie.

Redonner espérance

Prévenir le suicide, c’est croire que même dans les situations les plus douloureuses,

une personne peut être accompagnée et retrouver un chemin d’espérance.

Une souffrance peut être prise en charge. Des liens peuvent être reconstruits. Des forces peuvent être retrouvées. Une personne qui ne voit plus d’issue aujourd’hui peut, avec un accompagnement adapté, découvrir progressivement de nouvelles raisons de vivre et d’espérer. C’est pourquoi la prévention du suicide nous invite à choisir la vie et à refuser l’indifférence. Elle nous appelle à tendre la main avant qu’il ne soit trop tard, à être présents auprès de ceux qui souffrent et à leur rappeler une vérité essentielle :

Tu n’es pas seul.

Ta vie a du prix.

Tu peux demander de l’aide.

En cette période de sensibilisation, la Conférence des Supérieur.e.s Majeur.e.s de Côte d’Ivoire invite donc chacun à faire de son milieu de vie — famille, communauté religieuse, école, lieu de travail ou paroisse — un espace où l’on peut parler, être écouté et être accompagné.

Soyons attentifs.
Soyons proches.
Écoutons sans juger.
Orientons vers l’aide.
Protégeons la vie.
Et surtout, redonnons espérance par une communication adaptée.

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. »
Jean 10,10.

Pour la CSM-CI,

Sœur Mondjéa, SMT.

Contactez le Programme National de Santé Mentale de Côte d’Ivoire au numéro vert 143 /

Suivez les sur leur Page LinkedIn.

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